Fabrication additive : le parcours de Titouan Jacquemart vers les WorldSkills

Comment un passionné d'impression 3D autodidacte devient compétiteur WorldSkills en fabrication additive ? Le témoignage de Titouan Jacquemart.
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Reportage réalisé en partenariat avec Cosmyx et Dagoma.

En bref

  • Titouan Jacquemart, 21 ans, est passé d’une passion pour l’impression 3D découverte sur YouTube à une carrière tournée vers l’ingénierie industrielle.
  • Il a commencé en autodidacte avec une imprimante grand public avant de se spécialiser en fabrication additive professionnelle.
  • Son stage chez Cosmyx lui a permis de concevoir des pièces plastiques pour des machines d’impression 3D industrielles comme la Supernova V2.
  • Il participe pour la deuxième fois à la compétition WorldSkills, cette fois à l’échelon national à Marseille en 2025.
  • Son parcours illustre comment une pratique personnelle assidue peut déboucher sur une véritable expertise professionnelle reconnue.

La fabrication additive, plus connue sous le nom d’impression 3D, est une technique qui permet de créer des objets en ajoutant de la matière couche par couche, contrairement à l’usinage qui consiste à retirer de la matière. C’est dans ce domaine que Titouan Jacquemart, 21 ans, a construit tout son parcours, passant d’une simple curiosité d’adolescent à une préparation sérieuse pour la compétition nationale WorldSkills. Son histoire montre qu’il est possible de se former seul à une technologie industrielle avant même d’entrer dans le monde professionnel.

Qui est Titouan Jacquemart et comment est-il arrivé dans l’industrie ?

Titouan Jacquemart est un jeune homme de 21 ans actuellement en stage chez Cosmyx, une entreprise spécialisée dans les machines d’impression 3D industrielles. Il poursuit en parallèle des études d’ingénieur généraliste à l’École Supérieure d’Ingénieurs en Électrotechnique et Électronique (Esiée) de Nanterre. Son entrée dans l’industrie ne s’est pas faite par un parcours scolaire classique, mais par une passion personnelle développée très tôt.

Comme il l’explique lui-même : « j’aime beaucoup la conception de machine. Je fais pas mal de projets persos et je conçois des imprimantes 3D sur mon temps libre. » Cette double vie entre passion personnelle et activité professionnelle est au cœur de son parcours atypique.

Comment a-t-il découvert la fabrication additive ?

Tout a commencé il y a une dizaine d’années, lorsque Titouan a découvert l’impression 3D sur YouTube, à travers des vidéos destinées au grand public et non à des professionnels du secteur. Cette découverte a immédiatement suscité chez lui un véritable engouement. Quelques mois plus tard, il a franchi le pas en achetant sa première imprimante 3D chez Dagoma, une marque française accessible au grand public.

Il a alors commencé par des bases simples : impression de pièces en ligne, modélisation sur le logiciel SketchUp, un outil de conception 3D plutôt destiné aux débutants. Petit à petit, en autodidacte, il a progressé dans la maîtrise de cette technologie, sans formation initiale dédiée. C’est en progressant qu’il a compris que l’industrie recherchait activement des profils maîtrisant cette compétence.

Qu’est-ce que la compétition WorldSkills et pourquoi y participer ?

WorldSkills est une compétition internationale de métiers qui permet à de jeunes talents de démontrer leur savoir-faire technique dans différentes disciplines, dont la fabrication additive. Titouan a déjà participé à une première édition de cette compétition, ce qui lui donne un net avantage pour sa seconde participation. Il se prépare désormais pour la compétition nationale qui se tiendra à Marseille en 2025.

Cette expérience antérieure est un atout stratégique qu’il met clairement en avant :

  • Il connaît déjà le déroulement concret de l’épreuve.
  • Il sait précisément comment les candidats sont évalués.
  • Il maîtrise les méthodes pour optimiser son score et aller chercher les points.

Il reste toutefois lucide sur la concurrence, puisqu’il n’est pas le seul candidat à retenter sa chance lors de cette nouvelle édition.

En quoi consiste son stage chez Cosmyx ?

Le stage de Titouan chez Cosmyx est particulièrement concret et formateur, bien loin de l’image du stage passif souvent associée à ce type d’expérience. Il a travaillé directement sur deux machines industrielles, la Supernova V2 et le Drier, en se concentrant sur la conception des pièces en plastique de ces équipements.

Concrètement, son travail a porté sur plusieurs éléments essentiels au fonctionnement des machines :

  • Des caches de protection.
  • Des blocs destinés à la serrure des machines.
  • Des passages pour les tubes.
  • Des passages pour les câbles électriques.

Toutes ces pièces sont elles-mêmes imprimées directement sur les machines de l’entreprise, ce qui crée une boucle vertueuse entre conception et fabrication. Ce type d’immersion illustre bien les réalités du métier de concepteur en fabrication additive, à mi-chemin entre ingénierie, prototypage et production. Pour découvrir d’autres parcours similaires, la rubrique Métiers en vrai présente des témoignages concrets de professionnels de l’industrie.

Comment sa passion personnelle nourrit-elle son activité professionnelle ?

La passion de Titouan pour la conception de machines ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise : elle se prolonge activement dans ses projets personnels. Il continue, sur son temps libre, à concevoir ses propres imprimantes 3D, un loisir qui s’est transformé en véritable compétence professionnelle.

« J’arrive, je sais comment on bosse, je sais qu’est-ce qu’on a besoin et comment on conçoit nos pièces. Donc c’est assez fluide quoi. »

Cette citation résume bien l’atout majeur de son profil : une expérience pratique acquise en dehors du cadre scolaire classique, qui lui permet une intégration rapide et efficace en entreprise. Cette fluidité entre vie personnelle et professionnelle est d’ailleurs un facteur de motivation important pour lui, comme il le confirme lui-même : « j’aime beaucoup la conception de machine ». Ce type de profil autodidacte, capable de transformer une passion en expertise technique, rejoint les parcours valorisés dans la rubrique J’imagine, je conçois, dédiée aux métiers de la conception industrielle.

Quelles compétences développer pour se lancer dans la fabrication additive ?

Pour progresser dans ce domaine, plusieurs compétences et habitudes se révèlent particulièrement utiles, à l’image du parcours suivi par Titouan :

  1. S’initier à un logiciel de conception 3D accessible, comme SketchUp, avant de passer à des outils plus avancés.
  2. Pratiquer régulièrement sur une imprimante 3D personnelle pour comprendre les contraintes techniques réelles.
  3. Multiplier les projets personnels pour accumuler de l’expérience concrète.
  4. Se tenir informé des besoins des entreprises industrielles en matière de fabrication additive.
  5. Saisir les opportunités de stage pratique pour confronter sa pratique autodidacte à un contexte professionnel réel.

Ce parcours en autodidaxie, complété par une formation d’ingénieur généraliste, montre qu’il existe plusieurs chemins possibles pour accéder aux métiers techniques de l’industrie. D’autres jeunes professionnels empruntent des voies tout aussi singulières, comme le montre l’exemple de Julien Barry, qui vise lui aussi les WorldSkills dans le métier de l’usinage.

Conclusion

Le parcours de Titouan Jacquemart démontre qu’une passion développée sur YouTube et nourrie par la pratique personnelle peut déboucher sur une expertise reconnue en fabrication additive, jusqu’à représenter la France dans une compétition internationale comme WorldSkills. Son stage chez Cosmyx illustre également l’importance d’une expérience de terrain concrète pour compléter une formation théorique. Si ce type de parcours technique et créatif vous inspire, découvrez d’autres témoignages de professionnels de l’industrie et explorez les multiples métiers qui façonnent ce secteur en pleine mutation.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la fabrication additive ?

La fabrication additive, ou impression 3D, est une technique qui consiste à créer un objet en ajoutant de la matière couche par couche, à partir d’un modèle numérique. Elle s’oppose aux techniques d’usinage traditionnelles qui retirent de la matière à partir d’un bloc.

Faut-il un diplôme spécifique pour travailler dans la fabrication additive ?

Non, le parcours de Titouan Jacquemart montre qu’une pratique autodidacte, développée via des projets personnels, peut constituer une base solide avant même d’entrer en formation d’ingénieur. De nombreuses entreprises valorisent l’expérience pratique acquise en dehors du cadre scolaire.

Qu’est-ce que la compétition WorldSkills ?

WorldSkills est une compétition qui met en avant les savoir-faire techniques de jeunes professionnels dans différents métiers, dont la fabrication additive. Les candidats y sont évalués sur leurs compétences pratiques et peuvent concourir à l’échelon national avant d’accéder, selon les cas, à des compétitions internationales.

Quelles sont les missions d’un stagiaire en conception de pièces imprimées en 3D ?

Un stagiaire comme Titouan Jacquemart peut être amené à concevoir des pièces plastiques fonctionnelles pour des machines industrielles, comme des caches de protection, des blocs de serrure ou des passages de câbles et de tubes. Ces pièces sont ensuite imprimées directement sur les machines de l’entreprise.

Comment débuter en impression 3D quand on est débutant ?

On peut commencer par s’équiper d’une imprimante 3D grand public et s’initier à un logiciel de conception accessible comme SketchUp. La pratique régulière de petits projets personnels permet ensuite de progresser en autodidacte vers des compétences plus professionnelles.

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