En bref
- Le campus des métiers aéronautique relie les organismes de formation aux besoins réels des industriels de la filière.
- L'aviation décarbonée fait évoluer les formations, notamment sur les matériaux composites et la maintenance des moteurs électriques.
- Le soudage aéronautique est un métier recherché où c'est le soudeur, et non l'entreprise, qui doit être certifié.
- Le campus accompagne aussi bien les jeunes en formation initiale que les personnes en reconversion professionnelle.
- L'objectif du campus est de renforcer l'attractivité des métiers de l'aéronautique et de faciliter l'insertion professionnelle.
Le campus des métiers aéronautique est une structure régionale qui réunit plusieurs organismes de formation autour d’un objectif commun : préparer les jeunes et les personnes en reconversion aux besoins réels des industriels de la filière. À l’occasion de journées portes ouvertes dédiées à la filière aéronautique et spatiale, Nicolas, nouveau directeur opérationnel du campus des métiers aéronautique de la région Auvergne-Rhône-Alpes, revient sur les missions de cette structure, les évolutions technologiques qui transforment les métiers, et les spécificités de professions comme le soudage aéronautique.
Qu’est-ce que le campus des métiers aéronautique ?
Le campus des métiers aéronautique est un réseau d’organismes de formation qui proposent des cursus adaptés aux besoins concrets des industriels de la filière aérospatiale. Avant de prendre ses fonctions à la direction opérationnelle du campus, Nicolas accompagnait déjà les industriels de la région sur les thématiques RH, notamment l’emploi et le recrutement. Cette expérience lui permet aujourd’hui de faire le lien entre le monde de l’éducation, de la formation, et les attentes concrètes des entreprises du secteur.
« Je peux faire le lien entre le monde de l’éducation de la formation au sens large et les besoins des industriels. »
Concrètement, le campus a plusieurs missions : renforcer l’attractivité des métiers de l’aéronautique, expliquer et orienter sur les différents parcours possibles, mais aussi créer ou faire évoluer des formations existantes. L’enjeu est de s’adapter en permanence aux mutations de la filière pour faciliter l’insertion professionnelle, que ce soit pour des jeunes en formation initiale ou pour des personnes en reconversion professionnelle. Pour celles et ceux qui envisagent un changement de carrière, il peut être utile de consulter des témoignages sur la reconversion professionnelle vers l’industrie.
Comment l’aviation décarbonée transforme-t-elle les formations ?
L’aviation décarbonée, c’est-à-dire la transition vers des aéronefs moins polluants grâce à de nouveaux matériaux et de nouvelles motorisations, a un impact direct sur le contenu des formations du campus. Selon Nicolas, certaines filières prennent de l’ampleur, notamment celles liées à l’allègement de l’aéronef.
L’exemple le plus parlant concerne les matériaux utilisés pour la structure de l’avion, c’est-à-dire sa carrosserie. Les jeunes en formation dans ce domaine travaillaient auparavant principalement sur des matériaux métalliques comme le titane ou l’aluminium. Aujourd’hui, le composite, un matériau léger composé de plusieurs éléments assemblés, prend une place de plus en plus importante dans leur apprentissage.
- Montée en compétence sur les matériaux composites pour l’allègement des aéronefs.
- Formation renforcée à la maintenance des moteurs électriques.
- Adaptation continue des référentiels de formation aux évolutions technologiques de la filière.
Quel est l’impact du moteur électrique sur les métiers de maintenance ?
La certification récente d’un premier moteur électrique par un acteur du secteur a des répercussions directes sur les formations de maintenance aéronautique. Nicolas cite l’exemple de Safran, qui vient de certifier le premier moteur électrique, un événement qui va forcément impacter les jeunes en formation sur la partie système de l’aéronef.
« On voit Safran qui vient de certifier le premier moteur électrique il y a deux jours, forcément ça va avoir des répercussions sur les jeunes qui apprennent la maintenance sur la partie système, ils vont devoir être formés à la maintenance de moteur électrique. »
Concrètement, cela signifie que les techniciens de maintenance aéronautique de demain devront maîtriser des compétences nouvelles, spécifiques à l’électrique, en plus des savoir-faire traditionnels sur les systèmes mécaniques et hydrauliques. Ces évolutions illustrent la logique globale du campus : faire évoluer les formations au rythme des transformations technologiques de la filière, plutôt que de les figer dans des référentiels anciens.
Pourquoi le soudage aéronautique est-il un métier à part ?
Le soudage aéronautique présente une particularité unique : c’est la personne qui réalise la soudure qui doit être certifiée, et non l’entreprise qui l’emploie. Ce métier, très recherché dans la filière, implique une véritable expertise individuelle, reconnue et validée par une certification personnelle.
« Une des particularités, et qui est vraiment une valorisation de ce métier, c’est que ce n’est pas l’entreprise qui est certifiée, c’est la personne. »
Cette spécificité change la donne pour les professionnels du soudage dans l’aéronautique : leur qualification les suit tout au long de leur carrière, indépendamment de l’employeur. C’est un gage de reconnaissance et de valorisation du savoir-faire individuel, dans un secteur où la précision et la fiabilité des assemblages sont des enjeux de sécurité majeurs. Ce métier s’inscrit dans la grande famille des professions qui installent et assemblent les structures industrielles.
Comment le campus accompagne-t-il les jeunes et les personnes en reconversion ?
Le campus des métiers aéronautique propose un accompagnement qui va bien au-delà de la simple formation technique : il s’agit d’orienter, d’expliquer et de valoriser les différents métiers de la filière pour attirer de nouveaux talents. Cette mission d’attractivité est centrale, car la filière aéronautique et spatiale fait face à des besoins de recrutement importants sur des métiers parfois méconnus du grand public.
Pour mieux comprendre la diversité de ces métiers et leur quotidien, plusieurs ressources existent, comme les témoignages de professionnels présentés dans la rubrique Métiers en vrai ou les retours d’expérience partagés dans Paroles d’acteurs. Ces formats permettent de découvrir concrètement ce que recouvrent des métiers comme la maintenance, le soudage, ou la conception de pièces aéronautiques, avant de s’engager dans une formation.
- Information et orientation sur les différents métiers de la filière aéronautique.
- Création et adaptation de formations selon les besoins des industriels.
- Accompagnement spécifique pour les personnes en reconversion professionnelle.
- Lien direct avec les entreprises pour faciliter l’insertion professionnelle après la formation.
Quel avenir pour la filière aéronautique dans la région ?
L’avenir de la filière aéronautique régionale repose sur la capacité du campus et de ses partenaires à anticiper les mutations technologiques, qu’il s’agisse des matériaux, des motorisations ou des méthodes de production. Les journées portes ouvertes du campus illustrent cette dynamique : plusieurs structures de formation s’y rassemblent pour présenter aux visiteurs les gestes et techniques propres à chaque métier, et montrer concrètement la richesse des parcours possibles dans ce secteur en pleine transformation.
Cette approche collaborative, entre industriels, organismes de formation et jeunes ou futurs professionnels, est au cœur de la stratégie du campus pour répondre aux défis de demain : décarbonation de l’aviation, nouveaux matériaux, nouvelles motorisations, et besoin constant de main-d’œuvre qualifiée.
Vous souhaitez découvrir d’autres métiers industriels et leurs formations associées ? Explorez les parcours présentés dans Prod’inside pour mieux comprendre les opportunités offertes par l’industrie aujourd’hui et préparer votre orientation ou votre reconversion.
Questions fréquentes
Qui peut intégrer une formation au campus des métiers aéronautique ?
Le campus s'adresse aussi bien aux jeunes en formation initiale qu'aux personnes en reconversion professionnelle souhaitant intégrer la filière aéronautique. L'objectif est de faciliter l'insertion de ces publics auprès des industriels de la région.
Pourquoi les matériaux composites prennent-ils autant d'importance dans l'aéronautique ?
Les matériaux composites permettent d'alléger les aéronefs, un enjeu central de l'aviation décarbonée. Les jeunes en formation structure, qui travaillaient surtout le titane et l'aluminium, intègrent désormais de plus en plus le composite dans leur apprentissage.
En quoi la certification d'un moteur électrique change-t-elle la maintenance aéronautique ?
La certification d'un moteur électrique implique que les techniciens de maintenance doivent désormais être formés à de nouvelles compétences spécifiques à l'électrique, en complément des systèmes traditionnels. Les formations du campus évoluent pour intégrer ces nouveaux besoins.
Pourquoi la certification du soudeur aéronautique est-elle individuelle et non liée à l'entreprise ?
Dans le soudage aéronautique, c'est la personne qui est certifiée et non l'entreprise, afin de garantir et valoriser l'expertise individuelle du professionnel. Cette certification personnelle suit le soudeur tout au long de sa carrière, quel que soit son employeur.
Comment le campus des métiers aéronautique travaille-t-il avec les industriels ?
Le campus fait le lien entre le monde de la formation et les besoins concrets des industriels, en créant ou en adaptant des formations selon les évolutions technologiques de la filière. Cette collaboration vise à mieux préparer les futurs professionnels aux réalités du terrain.


