En bref
- PAD’OCC est la plateforme d’accélération vers l’industrie du futur en Occitanie, cofinancée par l’État et la région.
- Son cœur est une usine école de 500 m² intégrée à un atelier de 3000 m² qui produit de véritables véhicules électriques.
- Pour limiter l’impact environnemental des salons, PAD’OCC a remplacé le transport massif de matériel par une usine école mobile et un jumeau numérique.
- Un truck semi-remorque et une remorque offerte par Airbus permettent désormais de sillonner les collèges, lycées et salons de la région.
- PAD’OCC organise aussi des journées d’immersion hebdomadaires pour aider les chefs d’entreprise à réussir leur transformation industrielle.
Comment l’Occitanie accélère-t-elle sa transition vers l’industrie du futur tout en réduisant son empreinte carbone ? La réponse se trouve du côté de PAD’OCC, une plateforme régionale qui a profondément repensé sa manière de présenter ses innovations lors des grands salons professionnels. Emmanuel Cordier, qui porte cette initiative, détaille sur le stand de PAD’OCC au salon SIANE les coulisses de cette transformation.
Qu’est-ce que PAD’OCC et quelle est sa mission ?
PAD’OCC est la plateforme d’accélération vers l’industrie du futur d’Occitanie. Il s’agit d’une mission de service public cofinancée par l’État et la région, qui rassemble tous les acteurs fédérés autour de cette initiative. Comme l’explique Emmanuel Cordier :
« PAD’OCC c’est la plateforme d’accélération vers l’industrie du futur d’Occitanie, donc c’est une mission de service public qui est cofinancée par l’État et la région. »
Cette initiative a été confiée à l’Université de Toulouse, et plus précisément à la maison de la formation Jacqueline Auriol. C’est là que se trouve le cœur du dispositif : une usine école de 500 m² installée au cœur d’un atelier de 3000 m² qui produit de véritables véhicules électriques. Ce démonstrateur à l’échelle 1 constitue, selon Emmanuel Cordier, un dispositif unique en son genre.
Pourquoi PAD’OCC a-t-il changé sa stratégie pour les salons professionnels ?
PAD’OCC a fait le choix de ne plus déplacer de lourds équipements industriels pour quelques jours de salon, au nom de la décarbonation. Cette décision, prise conjointement avec la région, marque une rupture par rapport aux pratiques habituelles des salons professionnels.
« Cette année avec la région, on a dit qu’à l’ORS de la décarbonation il était plus question de déplacer des tonnes de matériels pour 3 jours de salon. »
L’objectif n’est plus seulement de réduire l’empreinte carbone, mais aussi de démultiplier les actions tout au long de l’année pour toucher un maximum d’acteurs. Ce changement de paradigme a été porté par un défi lancé par la région, en lien avec la Chambre de Commerce et d’Industrie : monter une usine école mobile capable de se déplacer facilement sur l’ensemble du territoire.
Comment fonctionne l’usine école mobile de PAD’OCC ?
L’usine école mobile de PAD’OCC repose sur deux dispositifs complémentaires qui permettent de parcourir le territoire occitan sans transporter d’équipements lourds. Le premier est un gros truck, un semi-remorque aménagé, destiné à sillonner la région de manière récurrente. Le second est une usine école plus compacte et plus mobile, construite à partir d’une remorque offerte par Airbus.
Cette remorque a été transformée en véritable usine miniature, complétée par des chapiteaux et un parcours immersif digital. Ce dispositif constitue en réalité le jumeau numérique de la vraie usine : une représentation virtuelle fidèle qui permet de montrer, sans déplacer les machines réelles, le fonctionnement concret d’une ligne de production moderne.
- Un truck semi-remorque pour des tournées régulières à travers la région.
- Une remorque Airbus transformée en usine école mobile et compacte.
- Un tunnel immersif digital présentant le jumeau numérique de l’usine.
- Une collaboration avec le campus des métiers et des qualifications aéronautiques et spatial d’Occitanie.
À qui s’adresse cette démarche et quels publics sont visés ?
Cette usine école mobile vise en priorité les collégiens et lycéens de la région, afin de leur présenter concrètement ce qu’est l’industrie du futur. L’ambition est de casser les idées reçues sur le monde industriel, souvent perçu comme poussiéreux ou dépassé.
Grâce au partenariat avec le campus des métiers et des qualifications aéronautiques et spatial d’Occitanie, PAD’OCC intervient directement dans les établissements scolaires. L’objectif est de montrer aux jeunes qu’on pilote aujourd’hui des machines avec des téléphones portables, bien loin de l’image d’une industrie figée dans le passé. Ces interventions peuvent constituer un premier pas vers une découverte des métiers de la fabrication ou des métiers techniques liés à la conception, comme ceux présentés dans la rubrique j’imagine, je conçois.
En parallèle, cette même usine école mobile est utilisée pour aller à la rencontre des industriels sur différents salons, au-delà du seul salon où intervient Emmanuel Cordier. Cette double destination, scolaire et professionnelle, permet de maximiser l’impact du dispositif tout en limitant les déplacements de matériel lourd.
Comment PAD’OCC accompagne-t-il les chefs d’entreprise dans leur transformation ?
Au-delà de la sensibilisation des jeunes, PAD’OCC organise des journées d’immersion régulières destinées aux dirigeants d’entreprise. Ces sessions se tiennent chaque semaine à la maison de la formation Jacqueline Auriol.
Au cours de ces journées d’immersion, les chefs d’entreprise découvrent les enjeux de l’industrie du futur et bénéficient de l’accompagnement de PAD’OCC en tant que tiers de confiance. En étant un acteur public neutre, PAD’OCC peut aider les entreprises à identifier les bons choix technologiques et organisationnels pour réussir leur transformation. Cet accompagnement peut notamment intéresser les responsables en charge de la planification ou de l’organisation industrielle, un métier présenté dans la rubrique j’organise, je planifie, ainsi que les professionnels engagés dans une démarche de décarbonation, comme le spécialiste décarbonation.
Quels sont les acteurs mobilisés autour de ce projet régional ?
Ce projet repose sur une coalition d’acteurs régionaux qui travaillent ensemble pour relever le défi de l’industrie du futur en Occitanie. Emmanuel Cordier insiste sur cette dynamique collective, qui dépasse largement la seule initiative de PAD’OCC.
Parmi les partenaires impliqués figurent l’UIMM, la région, la Chambre de Commerce et d’Industrie, ainsi que le campus des métiers et des qualifications aéronautiques et spatial, qui vient de rejoindre le dispositif au travers d’un partenariat récent.
« On fait pack, donc un pack avec les acteurs qui sont l’UMM, qui sont la région, qui sont la CCI, l’ECAM qui vient de nous rejoindre au travers d’un partenariat. On est là et on va savoir répondre à cet enjeu. »
Cette approche collaborative illustre une tendance plus large dans l’industrie actuelle : la mutualisation des ressources et des compétences pour faire face aux défis de la transition écologique et numérique. Elle fait écho à des initiatives similaires présentées dans des contenus comme l’exemple de l’automatisation de l’usinage chez MGF Grimaldi, qui montre comment les entreprises industrielles modernisent concrètement leurs outils de production.
Pourquoi ce modèle intéresse-t-il au-delà de l’Occitanie ?
Ce modèle d’usine école mobile et digitale répond à un enjeu partagé par de nombreuses régions industrielles : comment sensibiliser efficacement les jeunes et les entreprises sans multiplier les déplacements coûteux et polluants. En combinant jumeau numérique, interventions scolaires et journées d’immersion professionnelle, PAD’OCC propose une réponse concrète et réplicable.
Ce type d’initiative peut aussi donner des idées à ceux qui envisagent une reconversion vers l’industrie, un chemin détaillé dans l’article sur la reconversion professionnelle et le choix de l’atelier. Elle illustre enfin que l’attractivité des métiers industriels passe aussi par une communication renouvelée, un sujet abordé dans pourquoi les métiers de l’industrie peinent à attirer.
Vous souhaitez découvrir de plus près les métiers de l’industrie du futur et les parcours de ceux qui la font vivre au quotidien ? Explorez les témoignages et ressources proposés dans la rubrique Paroles d’acteurs et partez à la rencontre de professionnels inspirants.
Questions fréquentes
Qui est Emmanuel Cordier ?
Emmanuel Cordier est l’intervenant qui porte l’initiative PADOC et présente la plateforme d’accélération vers l’industrie du futur d’Occitanie lors d’un salon professionnel.
Qu’est-ce qu’un jumeau numérique dans l’industrie ?
Un jumeau numérique est une représentation digitale fidèle d’une installation réelle, ici utilisée par PADOC pour présenter virtuellement sa véritable usine école sans déplacer les équipements physiques.
Comment PADOC finance-t-il son action ?
PADOC est cofinancé par l’État et la région Occitanie, dans le cadre d’une mission de service public dédiée à l’accélération de l’industrie du futur.
L’usine école mobile de PADOC est-elle accessible aux entreprises ?
Oui, au-delà des interventions dans les collèges et lycées, PADOC utilise cette usine mobile pour aller à la rencontre des industriels sur différents salons et propose aussi des journées d’immersion dédiées aux chefs d’entreprise.
Quel est le rôle de la remorque offerte par Airbus ?
Cette remorque a été transformée par PADOC en usine école mobile, complétée par des chapiteaux et un tunnel immersif digital présentant le jumeau numérique de la vraie usine.


