En bref
- Rachel Elia, 26 ans, originaire de Nouvelle-Calédonie, est aujourd'hui alternante en agente de fabrication et montage en chaudronnerie chez Glass Environnement.
- Elle a essuyé de nombreux refus liés à son genre avant de trouver sa voie, certains recruteurs refusant explicitement d'avoir des femmes dans leurs ateliers.
- Elle a été formée par Sébastien Déruet, chaudronnier à l'AFPA d'Hazebrouck, qui lui a transmis sa passion pour ce métier varié et évolutif.
- La chaudronnerie est un métier physique mais ouvert aux femmes selon elle, qui exige force, rigueur et polyvalence.
- Son message central est de ne jamais abandonner ses rêves, même face aux préjugés sur la mixité dans l'industrie.
La mixité dans l’industrie reste un sujet d’actualité, entre préjugés persistants et parcours inspirants de femmes qui s’imposent dans des métiers encore majoritairement masculins. C’est le cas de Rachel Elia, alternante en chaudronnerie, dont le témoignage recueilli dans l’émission Sans Filtre illustre à la fois les obstacles rencontrés et la détermination nécessaire pour les surmonter. Originaire de Nouvelle-Calédonie, elle a mis plusieurs années avant de trouver sa voie, avant d’être récompensée du trophée « Bête de meuf ».
Qui est Rachel Elia et quel est son parcours ?
Rachel Elia est une alternante de 26 ans, originaire de Nouvelle-Calédonie, aujourd’hui en formation d’agente de fabrication et montage en chaudronnerie chez Glass Environnement. La chaudronnerie désigne le métier consistant à fabriquer ou transformer des pièces à partir de tôles plates, par des procédés d’assemblage comme la soudure, le boulonnage ou le rivetage. Avant d’arriver dans ce domaine, elle a connu un parcours scolaire et professionnel marqué par plusieurs réorientations : bac pro gestion administration, BTS en gestion des PME abandonné après six mois, puis une licence d’histoire qui ne lui a pas plu non plus.
Ce n’est qu’à 21 ans qu’elle décide de suivre sa propre voie plutôt que celle tracée par les conseils familiaux. Son père, menuisier-ébéniste, l’avait pourtant marquée dès l’enfance par son travail manuel, mais souhaitait lui épargner la dureté de ce type de métier.
« Je me suis dit en fait, si je continue de faire ce qui ne me plaît pas, je vais toujours arrêter. Donc j’ai pris la décision de suivre ma propre voie. »
Pourquoi les femmes rencontrent-elles encore des obstacles dans l’industrie ?
Les femmes qui souhaitent intégrer des métiers industriels font encore face à des refus explicitement liés à leur genre, comme en témoigne le vécu de Rachel Elia. Pendant plusieurs années, elle a essuyé de nombreux refus de stage ou d’alternance, certains employeurs justifiant leur décision par la volonté de ne pas « avoir de problèmes » avec une femme dans l’atelier.
- Des recruteurs qui estiment qu’une femme serait « mieux » dans un travail administratif que manuel.
- Des entreprises qui déclarent ouvertement ne vouloir que des hommes dans leurs équipes.
- Un besoin constant de prouver sa valeur et ses compétences avant même d’être mise à l’essai.
Face à cette situation, Rachel a dû changer de stratégie en se tournant vers l’École de la réussite (anciennement École de la deuxième chance), qui l’a aidée à travailler sa confiance en elle et à mieux défendre ses candidatures. C’est cette démarche qui lui a permis d’obtenir ses premiers stages, notamment chez Nissan, Toyota et dans un garage automobile, avant de décrocher une alternance chez Toyota.
La chaudronnerie est-elle un métier accessible aux femmes ?
Oui, la chaudronnerie est un métier physique mais accessible aux femmes, selon Rachel Elia, qui réfute l’idée qu’il faille une force herculéenne pour l’exercer. Elle reconnaît que le métier demande une certaine force physique, notamment pour porter des charges ou réagir rapidement si un objet ou une machine se bloque, mais insiste sur le fait que ce n’est pas réservé aux hommes.
« Je ne suis pas Hulk, mais je suis capable quand même de porter des charges lourdes. »
Ce métier séduit également par sa diversité : il permet de travailler dans de nombreux secteurs, « que ce soit sous terre, en hauteur, ou même sur la lune », et offre de réelles perspectives d’évolution. Ce type de parcours fait écho aux enjeux plus larges de l’exposition des jeunes aux métiers industriels, souvent méconnus avant d’y être confrontés directement.
Comment Rachel a-t-elle découvert sa passion pour la chaudronnerie ?
Rachel a découvert la chaudronnerie par hasard, après avoir été orientée vers la mécanique industrielle faute d’opportunités en mécanique automobile dans le nord de la France. C’est sa rencontre avec son formateur à l’AFPA d’Hazebrouck, Sébastien Déruet, chaudronnier de métier, qui a été déterminante. Sa passion communicative pour ce métier varié l’a totalement convaincue, alors qu’elle pensait initialement ne pas en avoir les capacités.
- Un déclic lié à la passion transmise par son formateur, plus qu’à une démonstration technique.
- Une famille déjà présente dans le secteur : deux frères et une sœur chaudronniers-soudeurs.
- Un souvenir d’enfance marquant avec son père menuisier-ébéniste, qui l’a toujours fascinée par son travail manuel.
Ce parcours rappelle que la transmission et la rencontre avec des professionnels passionnés jouent souvent un rôle clé dans l’orientation vers des métiers techniques, comme le montre également le témoignage d’Habib Mbow, vainqueur du Top Chef de l’industrie.
Pourquoi est-elle arrivée en France métropolitaine ?
Rachel Elia est arrivée en France métropolitaine après qu’un conflit en Nouvelle-Calédonie a entraîné la destruction de son centre de formation, remettant en cause toute visibilité sur son avenir professionnel. Déjà âgée de 25 ans et ayant perdu plusieurs années dans sa recherche de voie professionnelle, elle a décidé de ne pas reculer : elle a travaillé plusieurs mois pour financer son billet d’avion, puis a démarché des entreprises françaises à distance, malgré le décalage horaire de dix heures avec la Nouvelle-Calédonie.
Après une période d’essai non concluante dans un garage et cinq mois de recherches infructueuses en mécanique automobile, elle a été orientée vers la mécanique industrielle par la mission locale, avant de finalement intégrer la chaudronnerie à l’AFPA d’Hazebrouck.
Quel message Rachel Elia adresse-t-elle aux femmes intéressées par l’industrie ?
Le message principal de Rachel Elia est que les femmes possèdent une force mentale incroyable qu’il faut mettre en valeur, sans jamais reculer face aux obstacles. Elle insiste sur l’importance de se relever après les échecs plutôt que d’abandonner définitivement, convaincue que la persévérance finit toujours par porter ses fruits.
« Je dis toujours que si on abandonne une fois, on abandonnera toute notre vie. »
Ce témoignage illustre plus largement les enjeux de représentation et de diversité dans les métiers techniques, un sujet qui rejoint les questionnements sur les raisons pour lesquelles certains métiers de l’industrie peinent à recruter malgré leur intérêt réel, ou encore le quotidien varié d’un technicien de maintenance.
Le parcours de Rachel Elia montre que la persévérance peut faire bouger les lignes, même dans des secteurs où les préjugés sur la mixité restent tenaces. Si son témoignage vous inspire, n’hésitez pas à explorer les ressources enseignant disponibles pour sensibiliser les jeunes aux métiers industriels et à leur diversité.
Questions fréquentes
Faut-il être très forte physiquement pour travailler en chaudronnerie ?
Une certaine force physique est utile, notamment pour porter des charges ou réagir face à une pièce qui glisse, mais elle n'est pas le seul critère. Rachel Elia explique qu'il s'agit d'un métier physique mais accessible aux femmes, sans nécessiter une force exceptionnelle.
Comment Rachel Elia a-t-elle surmonté les refus liés à la mixité dans l'industrie ?
Elle s'est tournée vers l'École de la réussite pour travailler sa confiance en elle et mieux défendre ses candidatures à l'oral. Cette démarche lui a permis de décrocher plusieurs stages, puis une alternance chez Toyota, avant de se réorienter vers la chaudronnerie en France.
Pourquoi Rachel Elia a-t-elle quitté la Nouvelle-Calédonie pour la France ?
Un conflit en Nouvelle-Calédonie a entraîné la destruction de son centre de formation, supprimant toute visibilité sur son avenir professionnel. Elle a alors choisi de partir en France métropolitaine pour poursuivre sa formation et trouver une entreprise.
Qu'est-ce que la chaudronnerie exactement ?
La chaudronnerie consiste à fabriquer ou transformer des pièces métalliques à partir de tôles plates, grâce à des procédés comme la soudure, le boulonnage ou le rivetage. C'est un métier très varié, utilisé dans de nombreux secteurs industriels.
Qui a inspiré Rachel Elia à se lancer dans la chaudronnerie ?
C'est son formateur à l'AFPA d'Hazebrouck, Sébastien Déruet, chaudronnier de métier, qui lui a transmis sa passion pour ce métier par son enthousiasme et sa façon d'en parler. Elle avait aussi déjà des frères et sœurs exerçant dans le secteur de la chaudronnerie et de la soudure.


