Reportage réalisé en partenariat avec Foureau et Tungaloy.
En bref
- L’entreprise Foureau, spécialisée dans le décolletage et la mécanique de précision à Belleville-en-Beaujolais, collabore avec Tungaloy depuis plus de vingt ans.
- Le partenariat a démarré pour résoudre un problème de gestion des copeaux sur des applications en inox et en acier.
- L’arrivée de nouveaux marchés en laiton et en aluminium en 2024 a poussé les deux entreprises à développer de nouvelles plaquettes de coupe.
- Les gains obtenus représentent trente pour cent de durée de vie supplémentaire par arête de coupe, un gain économique important sur un parc de vingt-cinq machines.
- Des essais de plaquettes diamant sont en cours, ouvrant une nouvelle étape dans cette collaboration industrielle.
Optimiser sa production en usinage est un enjeu quotidien pour les entreprises de mécanique de précision confrontées à une concurrence internationale forte. L’exemple de la société Foureau, basée à Belleville-en-Beaujolais et spécialisée dans le décolletage, illustre très concrètement comment une collaboration de longue date avec un fabricant d’outils coupants, Tungaloy, permet de gagner en performance, en durée de vie des outils et en compétitivité. Retour sur une relation industrielle construite sur plus de vingt ans d’essais, d’échanges techniques et d’innovation continue.
Qu’est-ce que le décolletage et pourquoi les outils coupants sont-ils essentiels ?
Le décolletage est une technique d’usinage qui consiste à fabriquer en grande série des pièces métalliques de précision, souvent de petite taille, par enlèvement de matière sur des tours automatiques. Cette activité repose entièrement sur la qualité des outils coupants, et notamment des plaquettes, ces petites pastilles rapportées sur l’outil qui viennent au contact direct de la matière pour la découper.
Plus les plaquettes sont performantes, plus elles résistent à l’usure et permettent de maîtriser la formation des copeaux, ces résidus de matière évacués pendant la coupe. Une mauvaise gestion des copeaux peut endommager la pièce ou la machine, ralentir la production et augmenter les coûts. C’est précisément ce défi qui a poussé l’entreprise Fourreau à se tourner vers un partenaire spécialisé.
Comment est née la collaboration entre Foureau et Tungaloy ?
La collaboration entre Foureau et Tungaloy a débuté dans les années 2000, à la suite de la reprise de l’entreprise familiale par son dirigeant en 1991. Avec l’arrivée progressive de commandes numériques et de machines automatisées, l’entreprise a dû faire évoluer ses méthodes pour mieux gérer la formation des copeaux sur ses pièces en inox et en acier.
Des premiers essais ont alors été menés avec Tungaloy sur ces applications spécifiques. Les résultats ont rapidement convaincu, aussi bien sur la résistance à l’usure des outils que sur la gestion du copeau, posant les bases d’une relation de confiance qui allait durer plus de deux décennies.
« On a fait des essais, ça marchait bien. Et sur la partie à la fois usure et sur la gestion du copeau, Tungaloy nous avait amené quelque chose. »
Pourquoi de nouvelles plaquettes ont-elles été développées ?
De nouvelles plaquettes ont été développées pour répondre à des marchés importants obtenus en laiton et en aluminium . Ces matériaux posaient des problématiques spécifiques à l’atelier, notamment des bavures sur les angles des pièces et des exigences de finition liées à la brillance des surfaces usinées.
Face à ces nouveaux besoins, Tungaloy s’est de nouveau positionné pour accompagner Foureau. De nombreux essais ont été réalisés afin de trouver la solution la mieux adaptée, avec un double objectif clairement affiché : ne pas perdre en performance par rapport aux outils déjà utilisés, et rester compétitif sur le plan économique.
« L’élément, c’était techniquement, il fallait pas qu’on perde à comparer de ce qu’on avait. Il fallait que ça soit au mieux mieux. Et économiquement, il fallait que ça soit moins cher. »
- Réduction des bavures sur les angles des pièces usinées
- Amélioration de la brillance et de la finition des pièces en laiton et en aluminium
- Maintien, voire amélioration, des performances techniques par rapport aux plaquettes précédentes
- Recherche d’un tarif compétitif pour rester économiquement viable
Aujourd’hui, l’ensemble des séries de pièces usinées en laiton et en aluminium chez Foureau utilise désormais des plaquettes Tungaloy, preuve de la réussite de ces essais.
Quels gains concrets apportent les nouvelles plaquettes de coupe ?
Les nouvelles plaquettes ont permis un gain de trente pour cent de durée de vie par arête de coupe, c’est-à-dire par portion de la plaquette utilisée avant qu’elle ne soit changée ou retournée. Sur une plaquette comportant deux à six arêtes de coupe, ce gain représente un allongement significatif de la durée d’utilisation de chaque outil avant remplacement.
Ce gain se traduit directement par une réduction des arrêts machine liés au changement de plaquettes, un facteur déterminant dans un atelier équipé de vingt-cinq machines fonctionnant en continu. Chaque seconde gagnée sur un arrêt de coupe, multipliée par le nombre de machines, représente un avantage économique important pour rester compétitif face à la concurrence.
« Nous, c’est vraiment le gain des secondes, les gains des arrêts machines qui font qu’on arrive être concurrentiel. Donc sur vingt-cinq machines, si on gagne trente pour cent par arrêt de coupe, c’est un gain exorbitant. »
Au-delà du gain de temps, cela se traduit également par une réduction des coûts liés au remplacement plus fréquent des plaquettes, un poste de dépense non négligeable dans ce type d’activité.
En quoi consiste l’accompagnement technique proposé par Tungaloy ?
L’accompagnement proposé par Tungaloy repose sur un suivi technique régulier et une relation de proximité avec l’atelier. Lors des visites, un point est fait sur les nouveautés disponibles ainsi que sur les problématiques en cours rencontrées par l’équipe de production, avec des propositions de solutions adaptées.
En cas de difficulté plus complexe, un responsable technique intervient en complément pour approfondir les problèmes rencontrés. Cette organisation à deux niveaux permet à Fourreau de s’appuyer sur un véritable appui technique, essentiel compte tenu de la diversité des matériaux et des diamètres usinés dans l’atelier.
- Un suivi régulier des nouveautés et des problématiques rencontrées en atelier
- Des propositions de solutions techniques adaptées à chaque situation
- Un second niveau d’expertise technique pour les problèmes les plus complexes
- Une réactivité nécessaire face à la diversité des matériaux et des diamètres usinés
Quelle est la prochaine étape de cette collaboration industrielle ?
La prochaine étape de cette collaboration repose sur des essais de plaquettes diamant, actuellement en cours chez Foureau. Ces plaquettes utilisent un revêtement ou une pointe en diamant, un matériau particulièrement résistant à l’usure, permettant d’envisager des gains supplémentaires sur des matériaux ou des applications spécifiques.
Il s’agit d’une technologie totalement nouvelle pour l’atelier, qui marque un véritable tournant dans la collaboration avec Tungaloy. Cette démarche illustre la nécessité, pour les entreprises de mécanique de précision, de continuer à innover pour rester dans la course face à une concurrence internationale forte, notamment sur les coûts de production.
« Dans un milieu concurrentiel comme le nôtre, si on n’évolue pas, si on n’essaye pas des nouveautés, on ne fait pas longtemps. »
Cette capacité d’adaptation et de remise en question permanente est une des clés de la pérennité des entreprises industrielles françaises. Elle rejoint d’ailleurs des problématiques plus larges autour de l’automatisation de l’usinage, un levier complémentaire pour gagner en compétitivité.
Pourquoi ce type de collaboration intéresse aussi les métiers de l’industrie ?
Ce type de partenariat technique montre la diversité et la technicité des métiers de l’atelier, loin des idées reçues sur l’industrie. Derrière chaque gain de performance se cachent des métiers précis, qu’il s’agisse de piloter les machines, de contrôler la qualité des pièces ou d’organiser la production.
Pour les personnes en réflexion sur leur avenir professionnel, découvrir ce type d’environnement peut être une source d’inspiration. Des ressources existent pour mieux comprendre ces métiers, comme les fiches dédiées aux profils qui fabriquent et réalisent les pièces, ou ceux qui contrôlent et améliorent en continu les process industriels. Ceux qui envisagent une reconversion peuvent également consulter les témoignages sur pourquoi certains choisissent l’atelier après un changement de carrière.
La collaboration entre Foureau et Tungaloy démontre qu’optimiser sa production en usinage ne tient pas seulement à l’achat d’un outil plus performant, mais à la construction d’une relation de confiance durable, faite d’essais, d’écoute et d’accompagnement technique. Pour les entreprises de mécanique de précision, investir dans ce type de partenariat avec un fournisseur d’outils coupants reste un levier concret pour gagner en compétitivité. Les ateliers curieux de ces métiers et de ces technologies peuvent approfondir le sujet via les ressources dédiées aux métiers de l’industrie.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une plaquette de coupe en usinage ?
Une plaquette de coupe est une petite pastille rapportée sur un outil d’usinage, qui vient directement en contact avec la pièce pour enlever de la matière. Sa qualité détermine la durée de vie de l’outil, la finition de la pièce et la gestion des copeaux produits pendant l’usinage.
Comment réduire les arrêts machine en atelier d’usinage ?
Réduire les arrêts machine passe notamment par l’utilisation d’outils coupants plus résistants, qui durent plus longtemps avant d’être remplacés. Dans le cas de l’entreprise Foureau, un gain de trente pour cent de durée de vie par arête de coupe a permis de limiter fortement les interruptions de production sur un parc de vingt-cinq machines.
Qu’est-ce qu’une plaquette diamant en usinage ?
Une plaquette diamant est un outil de coupe intégrant du diamant, un matériau extrêmement résistant à l’usure, utilisé pour des applications d’usinage exigeantes. Son usage reste encore récent et fait l’objet d’essais dans certains ateliers souhaitant améliorer encore la durée de vie de leurs outils.
Pourquoi le made in France est-il compliqué à défendre dans l’usinage ?
Le made in France reste difficile à maintenir en raison d’une concurrence internationale forte, souvent plus compétitive sur les coûts de production. C’est pourquoi des entreprises comme Foureau misent sur l’innovation technique et l’optimisation continue de leurs process pour rester compétitives.
Comment se déroule un accompagnement technique avec un fournisseur d’outils coupants ?
L’accompagnement repose généralement sur des visites régulières permettant de faire le point sur les nouveautés et les problématiques rencontrées en atelier, avec des propositions de solutions adaptées. Un second niveau d’expertise technique peut intervenir pour approfondir les problèmes les plus complexes.


